Alors que les efforts mondiaux pour la durabilité s’accélèrent, la transition sociotechnique en cours est souvent présentée comme un défi sur le plan de l’innovation et de l’ingénierie. Cependant, dans cette allocution, je présenterai des arguments solides pour démontrer que notre plus grand défi, mais aussi la plus belle occasion à saisir, est de comprendre et d’influencer le comportement humain, en prenant en compte les mécanismes mentaux, émotionnels et sociaux sous-jacents. Il sera démontré que le recours excessif aux solutions technologiques, en l’absence d’efforts coordonnés suffisants pour comprendre et modifier les comportements humains, a ralenti et continuera de ralentir, voire de compromettre, la durabilité. De plus, négliger la façon dont les gens pensent, ressentent et agissent entraîne une série de conséquences imprévues, notamment une résistance à certaines politiques, une répartition inéquitable des avantages et des fardeaux, ainsi que d’autres « effets secondaires » qui retardent et continueront de retarder ou de compromettre la transition vers la durabilité. Je vais donc le dire clairement : la psychologie scientifique et la pratique de la psychologie, souvent sous-estimées, ne sont pas accessoires, mais essentielles à la transition sociotechnique vers la durabilité. J’examinerai le rôle essentiel de la psychologie dans la réussite des transitions vers la durabilité, non seulement du point de vue technique, mais aussi du point de vue social. La psychologie, en tant que science appliquée, offre des outils éprouvés pour favoriser les changements de mentalité, l’efficacité collective et l’adaptation comportementale sur les plans individuel, organisationnel et culturel. En intégrant les connaissances en psychologie à la conception des technologies, des politiques durables et des milieux de vie, nous pouvons favoriser un engagement plus profond, une résilience adaptative et un changement culturel à long terme. L’exposé se termine par une vision dans laquelle la psychologie agit comme une discipline passerelle pour approfondir, accélérer et stabiliser la transition sociotechnique vers un avenir durable, et où nous, psychologues de toutes les sous-disciplines et pratiques, avons un rôle à jouer pour que cet avenir se concrétise.
Professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les dimensions sociales des technologies propres, Université Dalhousie
Conférence d’honneur, jeudi 4 juin
Biographie : Les recherches du Dr Stanley Asah portent sur les dimensions sociales des technologies propres, avec un accent particulier sur le rôle du comportement humain dans l’adoption, la diffusion et l’acceptation sociale de ces technologies.
Dans le cadre de ses travaux, il :
- Étudie l’adoption, le maintien et la diffusion des technologies propres.
- Examine les impacts sociaux, l’équité et l’acceptabilité des technologies propres.
- Élabore des stratégies de changement comportemental et des pratiques de gestion visant à faciliter l’adoption et la diffusion de technologies moins polluantes.
- Mène des expériences pour s’attaquer aux comportements contre-productifs induits par les technologies propres.
- Contribue à l’élaboration de stratégies de transformation afin d’atteindre la neutralité carbone au Canada.
Les recherches du Dr Asah ont été récompensées par l’obtention d’une chaire de recherche du Canada, témoignant de ses contributions significatives dans ce domaine. Son travail vise à améliorer la compréhension et l’influence des comportements humains dans les interactions entre l’homme et l’environnement, afin de mettre au point de meilleures stratégies pour encourager l’acceptation et l’utilisation des technologies propres.