L’écoanxiété suscite un intérêt croissant en tant que réaction psychologique aux crises environnementales actuelles, mais elle est souvent considérée avant tout comme un problème de santé mentale individuel. Dans cet exposé, je propose une perspective plus large et intégrative, conceptualisant l’écoanxiété comme un phénomène psychosocial multidimensionnel façonné par les menaces environnementales, les relations sociales, les contextes politiques et les processus de communication. En m’appuyant sur une série d’études empiriques menées au Québec, j’examine comment les différentes dimensions de l’écoanxiété sont liées à la santé mentale, au bien-être et à la mobilisation face aux bouleversements socio-environnementaux. Ses dimensions existentielles, sociales et relationnelles seront explorées, ainsi que leurs liens avec l’espoir, les visions du monde et les façons d’envisager l’avenir. Au-delà des constatations empiriques, cette présentation vise à porter un regard sur la manière dont l’écoanxiété est abordée, négociée et parfois contestée dans les interactions interpersonnelles, la mise en récit dans les médias et le discours public, tout en soulignant l’intérêt des approches systémiques et interdisciplinaires. Dans l’ensemble, cette présentation vise à ouvrir un débat sur l’écoanxiété, non seulement en tant qu’expérience individuelle, mais aussi en tant que signe révélateur de dynamiques sociales, politiques et communicationnelles plus larges à l’œuvre dans un monde en mutation rapide.
Anne-Sophie Gousse-Lessard est professeure au Département de psychologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et professeure auxiliaire à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQAM. Ses recherches s’inscrivent dans le domaine de la psychologie sociale et environnementale. Elle est codirectrice du Groupe interdisciplinaire de recherche sur les écoémotions et l’engagement citoyen (GIREEC), qu’elle a fondé en 2020. Elle est également membre de plusieurs groupes et réseaux de recherche, notamment le Réseau Inondations InterSectoriel du Québec (RIISQ). Ses travaux portent sur les processus motivationnels et psychologiques qui sous-tendent l’engagement à l’égard de l’environnement, ainsi que sur les répercussions psychosociales des changements climatiques. Elle s’intéresse particulièrement à l’écoanxiété, à l’action collective et à la dépendance à la voiture dans le contexte de la transition socio-écologique.

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