Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) et les troubles liés à la consommation de substances psychoactives coexistent à des taux largement supérieurs à ce que le hasard expliquerait. Bien que le cannabis soit couramment prescrit et utilisé pour alléger les symptômes du TSPT, nous savons également que le TSPT et le trouble lié à la consommation de cannabis sont fréquemment comorbides. Pour commencer, la Dre Stewart passera en revue les théories de l’apprentissage proposées pour expliquer cette comorbidité, dont le désir compulsif de consommer une substance psychoactive, lequel est généralement conditionné par des signaux traumatiques. Par la suite, elle présentera ses recherches s’appuyant sur diverses formes du paradigme de réactivité aux signaux traumatiques afin de cerner les mécanismes cognitifs, affectifs et neuronaux contribuant à cette comorbidité. Elle exposera également les recherches menées par ses étudiantes et étudiants de premier cycle avec mention, ses étudiantes et étudiants des cycles supérieurs et ses stagiaires postdoctoraux. Puis, elle abordera les enjeux éthiques de l’utilisation du paradigme de réactivité aux signaux traumatiques et passera en revue certains témoignages convaincants de personnes directement concernées qui démontrent que ce paradigme peut être utilisé de manière éthique dans le cadre de la recherche. Enfin, elle exposera la portée théorique et clinique de ces travaux, qui ont récemment donné lieu à une série d’études de cas visant à évaluer la thérapie d’exposition écrite (written exposure therapy [WET]) en tant qu’intervention transdiagnostique. La Dre Stewart et ses collègues ont en effet montré que cette thérapie peut diminuer les symptômes du TSPT et alléger la détresse provoquée par des signaux traumatiques et l’envie de cannabis. La présentation se conclura par une discussion sur les futures orientations de ce nouvel axe de recherche.
Titulaire de la Chaire de recherche canadienne de niveau 1 en toxicomanie et santé mentale, la Dre Sherry H. Stewart enseigne la psychiatrie, la psychologie et les neurosciences à l’Université Dalhousie. Membre de la Société royale du Canada et de l’Académie canadienne des sciences de la santé, elle est reconnue pour ses travaux de recherche sur les facteurs psychologiques contribuant à l’abus de substances psychoactives, au jeu compulsif et à la comorbidité entre troubles émotionnels et addictifs. En plus de coordonner les programmes de maîtrise et de doctorat en recherche en psychiatrie, elle a occupé à deux reprises le poste de directrice de la formation clinique pour le programme de doctorat en psychologie clinique de l’Université Dalhousie. Elle dirige également le pôle de l’Atlantique de l’Initiative canadienne de recherche sur les impacts des substances psychoactives (ICRIS), un consortium national de recherche sur les interventions en matière de dépendance financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). La Dre Stewart a reçu le soutien financier de divers organismes de recherche, notamment le Conseil de recherches en sciences humaines, les IRSC et la Fondation canadienne pour l’innovation. Fellow de la Société canadienne de psychologie (SCP), elle s’est vu décerner en 2023 le Prix Donald O. Hebb pour contributions remarquables à la psychologie en tant que science. Mentore inspirante pour les personnes étudiantes et les stagiaires du premier cycle au postdoctorat, elle a remporté trois prix pour son travail d’accompagnement, dont celui de l’Association canadienne pour les études supérieures.

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